Le mot de Boris Wastiau

C’est avec un plaisir et un enthousiasme particulier que nous voyons le partenariat renouvelé cette année encore entre Animatou et le MEG, car en choisissant notamment la thématique des peuples autochtones du Canada, le Festival offre un écho à des sujets d’actualité au Musée.
Pour commencer, il y a la question du devenir des Premières Nations, des Métis et des Inuits du Canada, ces peuples aborigènes de l’Amérique du Nord qui, à l’instar de ceux d’Amazonie, ont survécu à des siècles génocidaires et continuent de voir aujourd’hui leur environnement faire l’objet de déprédations. La question du chamanisme infuse également la sélection de 7 courts métrages jeune public , dénommée «Manitou», mettant à l’honneur la culture des peuples autochtones et cette force de vie omniprésente qui régit la conception animiste du monde des Indiens
Algonquins du Canada. L’animisme, tant pour les Inuits du cercle polaire arctique que pour les Indiens des Plaines, beaucoup plus au sud, est une manière de concevoir, et surtout de vivre, un monde enchanté dans lequel les différentes espèces et les différents groupes humains tentent de conserver des relations équilibrées et durables. Un univers magique offrant maints motifs pour le film d’animation, notamment pour les enfants. En arrière-plan des films d’animation se trouvent parfois des mythes, ou des oeuvres plus allégoriques destinées à des adultes,
à l’instar du roman Bambi de l’auteur autrichien Felix Salten paru
en 1923, anticipant l’holocauste, qui inspira Walt Disney.

Boris Wastiau
Directeur, Musée d’ethnographie de Genève (MEG)

 

It is with great pleasure and enthusiasm that we are renewing our partnership with Animatou, as the Festival’s 2016 edition, with its focus on Canada’s Aboriginal peoples, will address themes which reflect the Museum’s engagement and curent activities. First and foremost lies the issue of the future of Canada’s First Nations, Inuit and Metis. The North American indigenous peoples, like those in the Amazon, have survived centuries of genocide, yet their environment remains under intense pressure. Then there is the topic of shamanism, which is central to Manitou, a special program of 7 Canadian shorts. Aiming to put the culture of indigenous people in the spotlight, it bears the name of the life force pervading the animistic world view of the Canadian Algonquin peoples. Which takes us to animism, a way, common to the Inuit of the Arctic and to the Plains Indians further south, to conceive and experience an enchanted world in which different species and different human groups strive to maintain balanced and long-lasting relationships. This magical and ravishing world provides a good deal of preferred topics for animation, especially for children, as can be seen in the abundance of animation classics that are based on myths or allegorical adult oriented works such as Felix Salten’s 1923 Holocaust-anticipating

book Bambi, which inspired Walt Disney.

Boris Wastiau
Director, Ethnography Museum of Geneva (MEG)